Chier des bulles.

17190692_1179831408801640_5665672348983720852_n.png

Définition :

Autrement dit : « Ca va chier des bulles ! » (familier, vulgaire) pour signifier : ça va barder, il va y avoir du grabuge, ça va être difficile.

Origine :

Considérant l’expression « Ca va barder », en voici les origines :

‘Barder’ est un verbe argotique qui nous vient du milieu militaire depuis la fin du XIXe siècle où il signifiait « être astreint à un travail pénible ».
Il ne semble pas y avoir d’explication claire sur l’évolution de ce sens vers celui d’aujourd’hui. Pas plus qu’il n’y a de certitude sur l’origine de ce verbe dans son acception initiale.

Il est régulièrement rattaché au mot ‘bard’ qui désignait soit une sorte de civière, soit un chariot bas, les deux destinés à transporter des charges. ‘Barder’ voulait alors dire ‘charger’ avec une connotation de pénibilité (qu’on retrouve dans le verbe argotique militaire).

Mais certains évoquent aussi la ‘barde’ qui était autrefois une armure faite de lames de fer, qui existait aussi bien pour le cavalier que pour le cheval. Or, porter cette lourde armure était quelque chose de pénible.

Au pied de la lettre.

17103597_1179826815468766_7784721025240153528_n

Définition :

Dans le sens strict des mots.
En n’en faisant aucune interprétation.
Scrupuleusement (prendre quelque chose, exécuter un ordre…).

Origine :

Cette expression existe depuis le XVIe siècle.
Pied y a le sens de ‘mesure’ (à la mesure de la lettre).

Elle viendrait d’une allusion à la Bible dans un passage de laquelle (la deuxième lettre aux Corinthiens – 3,6) la lettre, l’interprétation littérale des mots, est clairement opposée à l’esprit, le véritable message ou l’intention dissimulé sous les mots.

Certains ont lié l’origine au pied (au bas) d’une lettre ou d’un courrier.
Mais apparemment, rien ne permet de valider cette hypothèse.

Mettre (ou Avoir) la puce à l’oreille.

untitled-design-2

Définition :

Eveiller l’attention, la méfiance, les soupcons (avoir l’attention éveillée, se douter de quelque chose ou se méfier de quelqu’un).

Origine :

Cette expression a changé de sens au cours des siècles.
Elle est attestée pour la première fois au XIIIe, sous la forme mettre la puche en l’oreille, à une époque où les petits parasites pullulaient, quel que soit le niveau social de leur hôte, et où les tourments qu’ils provoquaient occupaient les esprits et les mains (pour des séances de grattage où il n’y avait rien à gagner).
Bizarrement, elle signifiait alors « provoquer ou avoir un désir amoureux », sens que Jean de la Fontaine utilisait encore dans ses ‘Contes’ :

« Fille qui pense à son amant absent
Toute la nuit, dit-on, à la puce à l’oreille »

Au XVIIe siècle, l’expression se transforme, le ‘à’ remplace le ‘en’ et, surtout, le sens devient « être inquiet, agité », comme pour quelqu’un qui aurait senti une puce venir se loger dans son conduit auditif et qui en craindrait les conséquences ‘démangeatoires’.

Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu’un était supposé parler de vous.

C’est probablement l’association de ces bizarres démangeaisons (‘méfiez-vous, quelqu’un dit du mal de vous !’) et de l’inquiétude de quelqu’un ayant la puce à l’oreille qui a donné le sens moderne de cette expression.

Avoir le feu au cul.

untitled-design-1

Définition :

Cette expression a deux significations complètement différentes :
– Être très pressé, filer très vite
– Avoir des besoins sexuels intenses

Origine :

La première signification est attestée dès la fin du XVIIe siècle.
L’image est claire car on comprend bien que quelqu’un dont le derrière est en flammes se mette à courir très vite, par réflexe, dans l’espoir idiot de mettre de la distance entre le feu et lui, même si ce n’est forcément la meilleure réaction possible.

La seconde signification est apparue dès le milieu du XVIe siècle.
Elle est basée sur l’idée d’être (très) en chaleur, mais avec une localisation de cette ‘chaleur’ un peu imprécise.

 

Être dans la merde.

16143051_1139937609457687_6793599585193612951_n

Définition :

Être dans une situation difficile.

Origine :

Expression vulgaire qui s’emploie pour exprimer le fait que l’on se trouve dans une situation délicate, difficile sans pouvoir en sortir, sans entrevoir de solution. L’expression être dans le pétrin exprime la même chose mais dans un registre plus formel, plus soutenu.

Prendre le taureau par les cornes.

prendre-taureau-par-les-cornes

Définition :

Faire face à une situation.

Origine :

Si l’on en croit les peintures rupestres laissées par nos ancêtres, le taureau a depuis la nuit des temps été le symbole de la force, mais également du danger. « Prendre le taureau par les cornes » (apparue au XVIIe siècle) signifie que l’on fait face aux difficultés plutôt que de les fuir, tout comme les anciens auraient choisi d’affronter les cornes du taureau au lieu de chercher à les éviter.

L’avocat du diable.

lavocat-du-diable

Définition :

Celui qui défend une personne ou une cause difficile à défendre.

Origine :

Si un avocat est chargé de défendre des accusés, il y a parfois des supposés coupables ou des causes qu’il semble très difficile de défendre tellement la culpabilité est certaine, l’atrocité des crimes choquante ou la cause amorale.
Et pourtant, tout le monde doit pouvoir être défendu, même ce satané diable, considéré par certains comme responsable de tant d’infâmes vilenies. De nos jours, et depuis le début du XIXe siècle, celui qui se fait « l’avocat du diable » est celui qui défend une cause choquante ou perdue d’avance, que ce soit par jeu (le plaisir de choquer ceux qui n’admettent pas qu’on puisse aller dans ce sens) ou, de manière plus sournoise ou rusée, pour obtenir quelque chose qui n’aurait pas été accordé sans la belle démonstration qu’impose une défense efficace.
Les arguments énoncés par un « avocat du diable » peuvent aussi lui servir à tenter de contrer une thèse pour, au final, la faire sienne si elle a résisté aux attaques ainsi formulées. Mais cette locution nous vient à la fois du milieu ecclésiastique et de celui du XVIIIe siècle.
En effet, l’ « advocatus diaboli » était un religieux qui, au cours de l’étude préalable à la canonisation d’une personne, devait rechercher tout ce qui, dans le comportement de la personne, pouvait montrer l’influence du diable, sachant que, bien entendu, tout individu destiné à devenir un saint doit au moins avoir mené une vie irréprochable (et accessoirement avoir accompli quelques miracles par-ci par-là). Si ce religieux avait donc vis-à-vis du possible futur saint un rôle d’accusateur et s’il devait retrouver tous les éléments permettant de s’opposer à la canonisation, il était bien le défenseur des éventuelles actions du diable, en opposition avec défenseur du saint ou « avocat de Dieu ». Ce rôle a été supprimé par le pape Jean-Paul II en 1983.

Voir midi à sa porte.

rirejaunemodifie1

Définition :

Juger quelque chose ou une situation selon son propre point de vue.

Origine :

Les montres de poignet sont une invention très récente, à l’échelle de notre ère. Mais de tous temps les hommes ont voulu utiliser des moyens de repérer l’heure dans la journée. Les cadrans solaires ont eu leur ‘heure’ de gloire (pour tout savoir sur ces instruments de mesure. Dans les campagnes, il était fréquent que soit installé un tel cadran sur la facade de la maison orientée au sud, la plupart du temps au dessus ou à proximité de la porte d’entrée. Ainsi, lorsqu’un occupant de la maison voulait savoir l’heure qu’il était, et à la condition qu’il fasse soleil (petite contrainte incontournable), il lui suffisait de passer la tête à sa porte et de regarder le cadran. Et s’il était midi, il voyait midi à sa porte. Mais l’imprécision des cadrans solaires ordinaires étant notoire, deux voisins, chacun avec son propre cadran solaire, pouvaient ne pas voir midi au même moment. C’est ainsi que chacun voyait midi à sa porte et ensuite, le goût de l’Homme pour les métaphores à fait le reste.